La Vague Rouge.

En tant que femme, il peut m’arriver d’être dans le déni par rapport à mes hormones mensuelles. Parfois je l’assume pleinement et parfois ça me frappe de pleins fouets genre un pauvre petit bourdon innocent qui constate qu’il y a une fleur intéressante l’autre bord de la 640 pis BANG, un 18 roues en plein dans ta gueule. Finito copain, pu de Rimsky-Korsakov pour te composer une oeuvre maintenant, tu es un petit tas collant sur la grille d’un redneck obèse conservateur.

C’est comme ça que ça me fait sentir. (Et c’est probablement aussi mon SPM qui fait que j’m’en prends 100% gratuitement aux chauffeurs de 18 roues à grand coups de préjugés à la Trump. Probablement.)

Parfois y’a quelqu’un qui prend un peu trop son temps pour effectuer un virage à droite pis moi j’descends tous les saints du ciel en transformant mon volant en pâte à modeler tellement je le serre fort. Dans ces temps là j’ai pas besoin d’une présentation Power Point de 35 pages avec graphiques en pointe de tarte, je sais que j’suis dans mon moment pré-menstruel et je fais mes techniques de gestion de colère précédemment apprises à la suite de mon magasinage chez Costco.

D’autres fois par contre, je suis tranquillement assise en train d’écouter un film sur Netflix, Freaky Friday pour ne pas le nommer. Lindsay Lohan et sa mère se voit coincées l’une dans le corps de l’autre pis là elles apprennent bin bin des affaires sur leurs vies communes pis wow c’est pas facile être une mère pis jésus tu as une dure vie à l’école ma fille, bla bla bla, Disney crap, bla bla bla pis là c’est le speach final où elles réalisent toutes deux les choses qu’on a vues venir depuis la minute 1 du film. Pis là. Je sens comme… un chatouillement dans mes joues. Pis comme un picotement dans mes yeux. Pis un resserrement dans ma gorge. Pis mon Cerveau Rationnel me dit  »Non non dude là. Tu peux pas SÉRIEUSEMENT me dire que tu vas pleurer dans ce film là. C’est pas quelque chose que j’accepte, qu’on me passe les commandes j’appelle l’urgence psychiatrique. ». Mais mon Body-Builder-Wrestler-Su’la’sauce-SPM-Brain prend le contrôle facilement et m’indique que; Oui. Oui je vais verser une larme dans le speach final de Freaky Friday, parce que l’ado rebelle comprends sa mère pis vice-versa. Big. Fucking. Plot. Twist.

Et c’est vraiment dans ces moments là que le déni ne peut absolument plus durer, je m’dépogne la tête de d’dans le sable et je me rends à l’évidence; toute femme qui verse une larme dans un tel désastre de cliché que seul Disney peut pondre est assurément et très fortement affecté par un syndrome pré-menstruel fort.

Tu pleures en écoutant un affreux témoignage d’une mère monoparentale à Denis Lévesque ? SPM.

Tu pleures en écoutant Denis Lévesque ? SPM

Tu écoutes simplement Denis Lévesque ? SPM. Personne sain d’esprit écoute c’t’osti d’émission là jésus-viarge.

Quelqu’un te demande si tu sais où est le guichet le plus proche et t’as envie de lui répondre  »Voyons Tabarnak t’es tu aussi débrouillard qu’une otarie morte dans un 200 m haies aux Olympiques ? Osti ouvre ton cell pis check j’suis pas la criss d’info touristique de Québec. » Assurément SPM ou ben prends ton Prozac maintenant.

Dans ces moments là ça te prend sournoisement tel un vendeur de p’tits bracelets en macramé caché derrière un palmier sur la plage de ton tout inclus à Cuba, mais tu peux dire  »Nah-ah Bitch. Not Today »

Mais quand ça te pogne level Je-Pleure-En-Écoutant-Freaky-Friday,. Genre personne peut légitimement se préparer à ça. Tu peux pas te lever un matin pis te dire  »okay girl, aujourd’hui les SPM vont être tellement intenses que tu vas pleurer en écoutant Lindsay Lohan mal interpréter une fille de 15 ans qui boude sa mère ». Ça te fracasse le crâne dans un moment de totale vulnérabilité. Genre David Beckham qui décide qu’il pratique son tir de pénalité sur un bichon maltais nommé Chopin qui vivait sa vie de moppe bruyante qui sent les égouts lors de sa promenade quotidienne avec sa maîtresse Suzanne. Y’a rien qui te permet d’anticiper de tels moments.

C’est dans ces moments là que c’est déstabilisant, même après 12 ans, d’avoir des symptômes prémenstruels à niveau 8,0-8,9 sur l’échelle de Richter.

À ma défense j’aimerais dire tout de même que c’était genre une demi-larme,  à peine émergée. Pis j’avais pas beaucoup dormi. Pis c’était sec dans l’appart. Pis y’avait des oignons pas loin. Pis de la poussière.

 

XX, aucune trace de Y dans cet article.

 

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